Samedi 3 mai 2008
"Un an après, qu'est devenu l'élan démocrate de la présidentielle?"

(Dé)construction du Modem, souhaits pour la Présidence française de l'UE, projet centriste pour les élections européennes de juin 2009 ...

Au menu: pizza, bilan des activités de cette année, état des finances, utilisation des subventions de HEC et projets pour l'an prochain, débats et réflexions, ...et rejouissances habituelles du Napo!

par NicolasC publié dans : Vie de l'assoce
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Jeudi 1 mai 2008
(Article à paraître dans le prochain numéro de mai-juin, intitulé "Scènes", de Heclektik, journal du campus de HEC)

    « Tout pouvoir requiert une mise en scène pour donner une consistance visible à ses fonctions et imposer son commandement » affirme Pierre Rosanvallon dans son dernier ouvrage, La contre-démocratie (p. 240). Faut-il alors condamner cette théâtralisation de la vie politique? Et jusqu'à quel point peut-on comparer la politique à un spectacle? Tout d'abord, on peut déjà justifier cette proximité par un petit rappel historique: ce n'est en effet pas un hasard si le théâtre et la politique partagent des origines communes dans la Grèce antique. Finalement, peu de choses différencient encore, dans l'image que nous avons des débats publics depuis la Révolution, l'homme politique de l'acteur, tous deux ayant des tréteaux et une planche en guise de scène, un rôle à jouer et un discours à faire passer. Cependant, on peut dire qu'avec l'avènement des médias de masse et notamment avec l'intrusion de la télévision dans le champ politique, un écran s'est dressé entre les acteurs et les spectateurs. La communication politique est devenue en grande partie indirecte, et donc nécessairement, le spectacle donné sur la scène médiatique a du évoluer. Récemment on a pu ajouter une étape supplémentaire avec ce qu'on appelle le phénomène de « pipolisation ». Dorénavant, c'est la vie privée des politiques, et non plus leurs discours, qui fait le spectacle, dans un contexte, il est vrai, d'appauvrissement des débats. C'est pourquoi il me semble que la ligne rouge entre la nécessaire mise en scène, et l'exposition obscène, a maintenant été franchie. Aller se montrer dans tel ou tel média n'est pas neutre: se faire photographier par Paris Match ou apparaître en tête des cortèges de manifestants, c'est un peu comme faire le festival d'Avignon dans le In ou dans le Off: il faut une certaine cohérence entre le personnage, le discours et le décor. Deux exemples, diamétralement opposés, semblent pourtant contredire cette cohérence indispensable et sont révélateurs de la décadence du théâtre médiatique.
    Tout d'abord, le Président Nicolas Sarkozy délaissera quelques instants le décor luxueux de l'Elysée pour passer en septembre dans l'émission de M6 consacré à l'argent: Capital. Et d'autre part, Olivier Besancenot, chef de file de la LCR, parti révolutionnaire trotskiste, est l'invité le 11 mai prochain de Michel Drucker dans son émission populaire de divertissement Vivement Dimanche ! Ainsi, la politique spectacle nous joue aujourd'hui une bien mauvaise pièce. Ces derniers temps, on a pu assister tour à tour à un vaudeville sans intérêt, lorsque la vie sentimentale du chef de l'Etat a été mise en avant; à une tragicomédie lamentable à l'Assemblée Nationale, quand les députés s'agitent bruyamment puis se calment soudainement lorsque cesse la retransmission télévisée; ou encore à un match d'improvisation si l'on prend les déclarations successives des membres du gouvernement. Certains aussi diront aussi que la vie politique récente ressemble à un spectacle de marionnettes, dans lequel une main obscure tirerait des ficelles, animant quelques pantins destinés à déstabiliser les partis d'opposition. Mais il est parfois facile d'imaginer des complots alors que les acteurs s'avancent sans masques.
    Existe-t-il alors un remède à cette déliquescence? Quel est le responsable de cette mauvaise mise en scène? Il me semble à ce titre que le metteur est scène, qui organise la répartition des rôles et conduit le jeu des acteurs, peut être assimilé dans un certaine mesure au système institutionnel actuel. Cette question de la représentation (dans les deux sens du terme) n'est pas simple. Certaines mesures pourraient cependant vraisemblablement permettre d'élever la qualité du spectacle auquel nous assistons. Par exemple, faire en sorte par la loi que les médias dominants soient moins proches du pouvoir et moins complaisants à son égard; et redonner un vrai rôle de discussion, de proposition et d'opposition à un Parlement plus fort et plus représentatif. Mais un spectacle démocratique de bonne qualité repose aussi sur nous les spectateurs, qui nous devons donc d'être actifs et exigeants, attentifs au fond plus qu'à la forme, et capables selon les circonstances de gronder comme d'applaudir.
par VincentC publié dans : Réflexions
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Mercredi 30 avril 2008
(Article repris du blog versac.net de Nicolas Vanbremeersch)
http://www.versac.net/2008/04/web-et-politiqu.html

J'interviens souvent à des conférences diverses, sans vraiment les narrer ici (de la même manière que je ne relaie pas mes passages media ou interviews et articles divers). Ce n'est tout simplement pas la fonction que j'assigne à ce blog, qui est avant tout un lieu de râleries discussions éparses. Hier soir, ceci-dit, j'intervenais à une conférence du groupement HEC Web, tout nouvellement créé, sur le thème du web et de la politique. Y étaient présents Edouard Fillias (d'Alternative Libérale), Nicolas Princen (responsable de la cellule de veille de l'Elysée), Julien Landfried (Actu Point Info), Christophe Grébert (le présente-t-on encore ?) et Olivier Mousson (Nouveau centre et blog pensez libre). Les débats ont été intéressants. On a rapidement, je crois, dépassé l'intitulé de la conférence, "internet, lieu du débat ou machine à ragots", pour explorer quelques réflexions autour des implications du web comme espace politique. Quelques petites notes éparses. - L'intitulé de la conférence est pour moi symptomatique de la vision qu'on développe du web. On imagine mal une conférence de professionnels de la presse sur son avenir l'intituler "la presse, lieu du débat ou machine à ragots ?". Cela est lié à la difficulté à comprendre a complexité de ce qu'est le web, compte-tenu de son immensité, au manque de schémas de compréhension, et à la perception dominante qui se dégage peu à peu, issue du relais de ce qui en émerge, dans les media (le web comme alibi aux sales besognes de la presse, comme repoussoir idéal). L'enjeu, c'est de rapidement sortir du duel un peu ridicule entre ceux qui n'y croient pas ou jettent l'opprobre (le web, c'est mal, ça fout tout en l'air) et ceux qui sont des évangélistes (le web, ça va sauver le monde). Sortir de ce parallélisme de formes pour comprendre ce qui se passe, ce que ça change. - J'ai tenté de rappeler quelques idées-clefs sur le web social. Absence d'autonomie : les blogs, forums et autres espaces sociaux ne vivent que par le reste. Ils sont nourris de media, et de la vie de leurs acteurs. Si certaines communautés sont fortement autoréférentes (blogosphère geek, par exemple), c'est loin d'être généralisable : la presse nourrit énormément les blogs, nettement plus que l'inverse. Hétérogénéité : il faut cesser de parler de "la blogosphère", et penser le web social comme un espace cohérent, unifié. Il faut l'imaginer comme une foule de grappes, de réseaux où les individus sont des noeuds. Difficile de qualifier "la blogosphère" : il vaut mieux parler de certains espaces identifiables en son sein. D'où, d'ailleurs, le risque identifié par Cass Sunstein du regroupement des mêmes. Décloisonnement : ce qui caractérise cet espace, c'est aussi (à l'inverse de la thèse de Sunstein) la proximité, et la capacité de transmission entre individus, qui facilite le rapprochement d'individus différents. On voit des informations, des angles, des contenus circuler dans des sphères qui n'avaient a priori rien à voir. Tous les mécanismes de transmission de l'information et de l'opinion sont bouleversés. Par exemple, le buzz sur le documentaire "le mon de selon Monsanto" est passé très rapidement de sphères militantes (alter, écolo) à des blogs de cuisine et de vie pratique, dans un schéma de transmission qu'on consultant en opinion traditionnel aurait eu bien du mal à qualifier. Nouvelles autorités : là où certains croient que le web social serait le lieu d'un nouveau relativisme, j'y vois plutôt des mécanismes de réallocation d'autorité. Souvent, dans des cas emblématiques (referendum, 11 septembre), c'est par la démission des acteurs traditionnels du débat, leur non prise en compte des nouveaux modes du débat et de l'information que la foule se tourne vers des autorités neuves. Les acteurs du jeu démocratique ont une responsabilité à investir le web social : se lamenter sur son relativisme revient à démissionner de son rôle. Nouvelles concurrences : on est beaucoup revenus sur la nouvelle concurrence que constituent les espaces sociaux en ligne pour des rôles classiques des partis. Nommer de l'argent, désigner des candidats, organiser le militantisme, construire la réflexion et un programme : tout cela peut se faire sans une structure centrale. D'où l'émergence de nouvelles concurrences pour les partis politiques, qui leur impose de réinventer leurs modes d'action, d'intégration de nouvelles logiques de militantisme. Perte de contrôle : une des personnes de la salle a relevé que le nom patronymique devenait une marque, qu'elle nécessitait une gestion proche de celle-ci. C'est vrai pour les personnes publiques. Et c'est tout à fait frappant, de remaquer que nombre d'hommes politiques, comme les entreprises, ont découvert sur le web qu'elles ne détenaient plus (ou n'avaient même plus l'illusion) de monopole de discours sur leur propre nom, leur marque. Ce sont les utilisateurs, les consommateurs, les citoyens qui sont en mesure de forger l'identité de ces acteurs. - Deux idées avec lesquelles je ne suis pas en accord. Des menaces identifiées, liées à la pression qu'exercerait le web social sur le politique : 1. Cette pression limiterait le droit de l'homme politique à évoluer. L'effet mémoire du web empêcherait l'homme politique d'évoluer. > en aucun cas. En revanche, il est vrai que la mémoire, la recherche, le travail de recoupements forcent l'homme politique à plus d'explications, quand il vient à changer d'avis, à évoluer. Ce n'est que justice. Notons que, pour l'instant, le web n'empêche pas notre président de pratiquer une triangulation pour le moins complexe.
2. il serait difficile de se réapproprier son propre nom, de gérer son identité en ligne. Au risque d'un big brother collectif, qui empêche quiconque de gérer son nom. > Cela est vrai des personnes publiques. Pas des personnes privées. Encore que certaines aient été, effectivement, mises en pâture contre leur consentement (David Hirschmann, Mathieu Vaidis... et dans une moindre mesure Nicolas Princen). La maîtrise de son image en ligne n'est pas simple (c'est mon métier), mais elle suppose, si l'on veut effectivement entrer dans un mode de protection contre les malfaisants, de participer à cet espace : celui qui y est étranger n'y a que peu de pouvoir. gérer son identité en ligne, cela veut souvent dire : bloguer.
- ... Autant de vastes sujets. Sans fin. Evidemment, mes amis blogueurs seront curieux de savoir à quoi ressemble Nicolas Princen, s'il est armé de micros, caméras et autres mouchards du web. Il est juste sympathique et sa mission fort éloignée du délire qui a accompagné son annonce. Mais c'est un autre sujet.
par Versac publié dans : Réflexions
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Mardi 8 avril 2008

« MoDem et Centristes » ( http://modemetcentristes.blogspot.com ), homologue de Avant Centre à SciencesPo, nous invite à la conférence organisée par les associations politiques de SciencesPo

Le mardi 15 avril 2008 à 19h en amphi Leroy-Beaulieu à SciencesPo (27, rue Saint-Guillaume) sur le thème :
« La gestion de la dette publique, une exception française? »

Avec

Jean ARTHUIS

Ministre des Finances de 1995 à 1997, actuel président de la commission des finances du Sénat, président du conseil général de la Mayenne, il vient de quitter le MoDem, avec l'intention de faire revivre l'UDF.

Christian SAINT-ETIENNE

Professeur à l'université Paris-Dauphine, membre du Cercle des économistes, confondateur avec Jean-Marie Cavada d'un mouvement centriste appelé Avenir démocrate, il a quitté le MoDem en décembre 2007 et siège au groupe Nouveau Centre au Conseil de Paris.

Et Didier MIGAUD, président PS de la commission des finances de l'Assemblée nationale
Ainsi que Jérôme CHARTIER, membre UMP de la commission des finances de l'Assemblée nationale

Entrée libre.

par NicolasC publié dans : Vie de l'assoce
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Mercredi 2 avril 2008
(Reproduction d'un article des Inrockuptibles d'octobre 2006, disponible en accès libre sur le site du Collège de France à l'adresse http://www.college-de-france.fr/media/his_pol/UPL57428_Un_Intellectuel_en_politique.pdf)

Parmi les professeurs au Collège de France, Pierre Rosanvallon s'avère une exception : il est très certainement le seul diplômé d'HEC. Etrange et peu classique parcours tracé depuis le campus de Jouy-en-Josas où il milite à l'Unef en 1968 jusqu'aux bureaux moquettés de frais de la plus haute institution académique et l'Ecole des hautes études en sciences sociales. C'est que presque par hasard, et sur les conseils de mentors intellectuels comme Michel Foucault, Pierre Rosanvallon est devenu historien. Sans toutefois cesser d'animer, avec talent, le débat d'idées ­au coeur de la deuxième gauche dans les années 70, au centre de la plus que centriste fondation Saint-Simon dans les années 80, à la tête de la social-démocrate République des idées depuis le milieu des années 90. A l'occasion de la publication de La Contre-Démocratie, il a accepté d'évoquer pour la première fois cette trajectoire d'intellectuel en politique.


ENTRETIEN : Vous avez eu 20 ans en 1968. Qu'était-ce alors pour vous la politique ?

Pierre Rosanvallon ­ En 68, j'étais étudiant à HEC et militant à l'Unef. Je participais à de nombreux petits groupes de lecture et de travail, comme il en existait à l'époque, sur le tiers-monde notamment. C'était aussi pour moi l'époque des comités Vietnam. Mai 68, ce fut la chance, très grande, d'être acteur d'un événement qui élargissait soudainement le sens d'un engagement naissant. Le sentiment que beaucoup de choses différentes se mettent en cohérence. Même si cela paraît incroyable aujourd'hui, il faut se souvenir qu'une des luttes marquantes d'avant 68 visait à supprimer l'interdiction pour les garçons d'entrer dans les chambres des filles à la cité universitaire d'Antony ! 68, c'est le sentiment que se conjuguent les différentes dimensions du changement de la vie : le changement politique et les changements personnels. Faire de la politique et changer la vie, changer sa vie, c'était ça le programme. Et puis c'était aussi la convergence et la rencontre entre des générations. Avec les militants de la guerre d'Algérie et ceux de la résistance (en 68, nous ne sommes que vingt ans après la fin de la guerre). Dans les milieux militants, c'est vécu comme une réplique. Ces trois générations ­ Résistance, guerre d'Algérie et 68 ­ ont été très jeunes propulsées au centre du jeu des responsabilités. Mai 68, c'était, enfin, la troisième forme de mise en cohérence, à la fois un grand mouvement étudiant et un grand mouvement ouvrier. Le fait que plusieurs conférences de l'Unef se soient déroulées dans les locaux de la CFDT en a été une illustration. Voilà d'ailleurs pourquoi, personnellement, je me suis ensuite tourné vers la CFDT. Dès ma troisième année à HEC, j'ai ainsi commencé à faire des études économiques pour ce syndicat. D'abord une étude sur l'imposition du capital en Europe, puis d'autres sur la mesure de la productivité globale des facteurs, sur les réformes économiques en Hongrie...

Est-ce parce que vous aviez fait le choix d'études commerciales et du secteur privé ­ et non celui de Sciences-Po suivi de l'ENA ­ que très vite vous vous êtes mis à employer un vocabulaire plutôt rare à gauche à l'époque, en parlant « d'entrepreneurs en nouveaux rapports sociaux » ou « d'aider à la libre entreprise collective » ?

C'était un petit peu plus tard quand même, quand se développe la thématique de l'expérimentation sociale et de l'entrepreneur-militant. Lorsque je suis entré à HEC à 18 ans, c'était, au milieu des années 1960, davantage la conséquence d'un livret scolaire qu'un véritable choix. Dans mon milieu, au lycée Augustin-Thierry à Blois, Sciences-Po ça n'existait pas, et quand on était un étudiant un peu équilibré en tout, on vous conseillait de faire HEC car il y avait une classe préparatoire qui n'était pas trop loin, à Tours. J'y suis entré très jeune et ne me suis posé des questions qu'après, réalisant vite que je ne ferais pas carrière dans une entreprise. J'ai même organisé avec un certain nombre de camarades ce qu'on appelle des contre-cours, et ça avait pas mal de succès. On se faisait de la pédagogie mutuelle. De temps en temps, on invitait des conférenciers.

C'est à ce moment-là que vous avez adhéré au PSU. Pourquoi ce choix là ?

Parce que le PSU m'apparaissait être le type de parti politique qui trouvait le juste rapport entre souci du gouvernement et culture critique. Dans la vie intellectuelle, on a envie d'être exigeant et de procéder à une lecture critique des évènements. Mais pour être effectivement en passe de changer les choses, il faut aussi acquérir une culture de gouvernement. Pour moi, le PSU formait le projet d'un rapport vertueux entre ces deux idées. En 68, c'était un pôle organisé, présent sur la scène politique ­Rocard allait être candidat à la présidentielle de 69 -, dans une optique réformatrice, à la fois en discussion et en rupture avec le monde gauchiste.

A partir de 68, s'ouvre une période intense qui dure jusqu'au moment, fin 1980, où Michel Rocard justement, depuis sa mairie de Conflans-Saint-Honorine, renonce à être candidat à l'élection présidentielle. Quel regard rétrospectif portez-vous sur cette décennie ?

Je distinguerais trois moments. Un premier, de 1968 à 1973, marque beaucoup de ruptures et de bouleversements dans la société française. De nouveaux types de conflits sociaux naissent, des immigrés rentrent dans l'action, des grèves d'OS surviennent, comme celles du Mans en 1971, ainsi que des mouvements de femmes dans des grandes surfaces ou dans le textile. Ce sont les années de lancement du féminisme, l'apparition de nouvelles sensibilités à l'environnement... Il y a un mouvement profond de la société pour son activation qui dépasse les formes d'organisation et de lutte du syndicalisme traditionnel. Et, pour reprendre un mot d'Alain Touraine, la CFDT apparaît alors comme une sorte d'opérateur naturel de ces nouveaux mouvements sociaux. Lorsque le Mlac (Mouvement de libération de l'avortement et la contraception) se lance, la grande organisation classique qui l'épaule, c'est la CFDT. Parallèlement à ce bouillonnement social, c'est le tâtonnement intellectuel. Tout se cherche. On a d'abord le sentiment qu'il faut un aggiornamento interne du marxisme.

Tout cela dans un contexte de forte réaction politique à droite...

Oui, c'est une période de tensions et de contradictions. A gauche, c'est à la fois l'épisode de la gauche prolétarienne et l'effondrement de la gauche socialiste traditionnelle. Il faut donc ouvrir de nouvelles voies. Ce sera précisément l'objet de ce qu'on peut identifier comme un deuxième moment, les années 73-78. C'est alors que naît vraiment ce qu'on a appelé la deuxième gauche, dans un effort de débouché politique pour l'action sociale. Il s'agit de donner un sens politique aux nouveaux mouvements sociaux nés lors du premier moment. Et là, c'est le PSU qui en sera l'opérateur, dans une relation très forte à la CFDT. Mais très vite, il faut aller au-delà du PSU, qui est à bien des égards un antiparti. D'uù à l'automne 1974, le lancement des Assises pour le socialisme qui ont pour but, en théorie, de changer le parti socialiste.

S'agit-il alors de créer enfin un véritable parti social-démocrate ?

Pas vraiment. Le pari intellectuel de la deuxième gauche et de son idée d'autogestion est de marier culture de gouvernement et culture de l'action sociale. Ce deuxième moment est aussi celui d'un antitotalitarisme qui s'ouvre en 1973 avec la traduction de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljénitsyne. Il ne s'agit plus d'aller vers un communisme « libéralisé » mais de bâtir un socialisme qui soit une alternative à la pathologie totalitaire. Une alliance se noue alors entre la deuxième gauche politique et une gauche intellectuelle antitotalitaire composées d'anciens communistes qui avaient quitté le parti en 1956 ­ d'Edgar Morin à François Furet, pour faire vite ­ et de théoriciens comme Claude Lefort et Cornélius Castoriadis. S'agrègent aussi, à leur façon, des individualités comme Michel Foucault, que j'ai rencontré après avoir publié en 1977, Pour une nouvelle culture politique avec Patrick Viveret. Un livre emblématique du chantier de la deuxième gauche dont Foucault fut l'un des premiers à m'écrire qu'il s'y reconnaissait complètement. Cela a débouché sur « Vivre à gauche », un grand colloque que j'ai organisé, typique de cet esprit de 68 canalisé dans un réformisme institutionnel, auquel Foucault a absolument tenu à participer et qui a donné lieu à un numéro spécial du Nouvel Obs. En même temps, il s'agissait aussi de prendre le pouvoir au sein du PS. Les législatives de 78, avec la déclaration de Rocard sur l'archaïsme de la gauche, seront l'occasion de lancer l'offensive. Mais la gauche va échouer et Rocard caler face à Mitterand et perdre au congrès de Metz ­ cela marquera un point d'arrêt politique pour une deuxième gauche qui demeurera un aiguillon mais ne parviendra pas à devenir la force commandante. Cela constitue la troisième période, de 1978 jusqu'à l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Durant ces années, la pensée antitotalitaire se développe. A l'Ecole des hautes études en sciences sociales, un séminaire informel réunit Lefort, Castoriadis, Furet, Julliard, Pomian et la génération plus jeune, la mienne, celle de Manin, Gauchet, Manent. Après avoir tenté d'étirer le marxisme au maximum, on essayait de repartir d'une culture de philosophie politique classique. Ce petit groupe va être l'un des creusets de fait de la fondation Saint-Simon.

Mais la fondation Saint-Simon, qui va naître fin 1982, c'est d'abord le produit de

l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Il faut bien restituer le contexte et voir où en est alors la contribution politico-intellectuelle de la deuxième gauche. Premièrement, elle met l'accent sur le rôle de la société civile, pas simplement sur l'Etat. Deuxièmement, elle valorise le réformisme au sens de l'expérimentation sociale. Troisièmement, elle pense que le problème de la gauche, c'est de se construire dans la durée, et pas seulement de mener un gouvernement Blitzkrieg qui, comme par le passé, fait des réformes fondamentales pendant six mois avant de devoir se retirer dans la catastrophe économique. En 1981, d'une certaine façon, ces trois idées-clés triomphent. Mais, en même temps, il apparaît très vite que si la deuxième gauche a exercé une vraie capacité critique sur le « social-étatisme », son projet positif s'est révélé insuffisant. Elle a eu une réflexion sur la démocratie, à partir du totalitarisme ou de l'autogestion, mais n'a pas vraiment mûri de pensée programmatique sur l'économie ou le social. Arrive alors en 1983 le moment de vérité : l'apport de la deuxième gauche étant épuisé, le glissement d'une culture de gouvernement à une culture de gestion s'opère insensiblement. Là-dedans, la fondation Saint-Simon jour un petit rôle, parmi d'autres. Un rôle qu'on a beaucoup grossi après coup. A l'origine, le but est d'abord de lier culture de gouvernement et culture des sciences sociales. Il s'agissait d'approfondir cette culture de gouvernement au moment où la gauche arrivait au pouvoir.

Mais pourquoi avoir eu pour objectif la remise en question du clivage droite-gauche ?

Cela n'a jamais été un objectif affiché ! Plutôt une image médiatique et peut-être le rêve secret de quelques-uns. Pas de moi, c'est clair. Dans la fondation Saint-Simon, il faut en outre bien distinguer deux choses différentes : d'un côté, un club social et, de l'autre, un think tank. Les activités étaient relativement séparées. Du think tank, j'étais le seul maître à bord. Dans ce cadre, on a publié une trentaine de livres et plus de cent vingt notes, on a organisé des séminaires... Mais ce qui attirait la curiosité, c'était la collection de notoriétés qui se croisaient au club social, des gens qui tous venaient de différentes traditions réformistes, des fonctionnaires dans la lignée de Paul Delouvrier, François Bloch-Lainé ou Simon Nora, mais aussi des grands patrons réformateurs comme Antoine Riboud ­ ce qui est difficile à comprendre aujourd'hui à l'heure des Pinault, Arnault, Bébéar ou Messier. Des intellectuels, des syndicalistes et des journalistes aussi. Mais il ne faut pas exagérer l'importance de ce club qui n'organisait que huit déjeuners par an. Plutôt que de fantasmer sur le rôle de Saint-Simon, si l'on veut comprendre l'évolution de cette époque-là, il vaut mieux prêter attention à d'autres phénomènes.


La suite sur http://www.college-de-france.fr/media/his_pol/UPL57428_Un_Intellectuel_en_politique.pdf


par VincentC publié dans : Actualités
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Dimanche 30 mars 2008
(Reproduction d'un billet tiré d'un blog de lemonde.fr et disponible avec ses commentaires à l'adresse: http://ofrancemi.blog.lemonde.fr/2007/05/28/hec-elite-intellectuelle-2, souligné par nous.)

Un article très polémique, avec sans doute quelques remarques très justes, qui a de toutes facons le mérite de soulever la question de la nécessité d'une réflexion politique et de l'exercice de l'esprit critique sur le campus.



HEC forme-t-elle une élite intellectuelle ? Ce n’est PAS DU TOUT son but. Pour une raison que j’ai déjà développée ici : HEC forme des techniciens du management. Il n’y a que des cours techniques et il n’existe qu’à l’extrême marge des cours d’ouverture qui permettent de prendre un peu de recul.

Pas un cours d’histoire industrielle, pas un cours sur les enjeux macroéconomiques, pas un cours qui traite des relations sociales ou ne serait-ce que… du rôle du manager dans la société.

Si l’on prend pour définition de l’intellectuel celui qui dispose de l’autorité et la met à contribution pour permettre « à l’esprit critique de s’émanciper des représentations sociales » alors sans doute HEC est l’école où l’on trouve le moins d’intellectuels en France. Car tout à HEC est calibré pour faire entrer dans un moule de représentations sociales, et non pour s’en abstraire. La puissance de normalisation d’HEC est immense et l’absence de tout débat, l’assimilation tacite d’une Vérité ne sont quasiment jamais contestées.

Une thèse a été écrite sur le sujet. Il y est expliqué qu’HEC fonctionne en deux temps. Premier temps : un concours relativement difficile qui permet à l’école d’acquérir une certaine légitimité au sein du petit monde de l’élite scolaire. Deuxième temps : une période de déscolarisation active pendant laquelle les élèves abandonnent toute ambition intellectuelle pour se consacrer à la « vie du campus ». Abandonner toute ambition intellectuelle cela ne veut pas dire devenir neuneu du jour au lendemain, cela veut dire se fondre dans le système au lieu de réfléchir sur lui.  Cela veut dire devenir un bon manager.

Un bon manager c’est quelqu’un de malin, mais qui ne doute pas. Il n’est pas là pour se demander si le système dans lequel il vit est le meilleur, si la société doit changer, il est la pour être efficace. Et le doute, fondement de toute démarche intellectuelle, est une entrave à l’efficacité corporate. Au Japon on l’a bien compris, puisque les entreprises n’embauchent que des étudiants de niveau licence. Au-dessus, en master ou pire en doctorat, ils ne sont plus efficaces, ils ne sont plus éléments intégrants du système.

Cela ne veut pas dire que des personnes passées par HEC ne feront pas partie de l’élite intellectuelle. L’élite intellectuelle est définie par l’autorité et l’esprit critique ? On peut gager que l’autorité peut s’acquérir dans une certaine mesure grâce à la réussite économique induite par HEC, mais pour l’esprit critique il faudra sans doute chercher ailleurs.

Soyons clairs, dans la plupart des cas la seule doctrine qui guide l’action d’un HEC c’est un machin du type « En participant à l’efficacité économique je crée de la richesse et je suis donc utile à la société. Et par la même occasion cela justifie mon salaire. » Analyse un peu brin trop courte de la société et de soi-même.

 

Il y a quelques jours a été attribué le prix du meilleur jeune économiste (http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/). C’est un professeur d’HEC qui l’a reçu, David Thesmar. (http://www.hec.fr/hec/fr/professeurs_recherche/p_liste/p_fiche.php?num=135). Son ouvrage « Le grand méchant marché » a fait grand bruit il y a quelques mois un peu partout dans la presse, les blogs, les milieux intellectuels. Et cet ouvrage traite exactement d’un sujet qui devrait par définition intéresser les HEC. Je ne ferai pas de procès injuste, mais je pose la question à ceux qui étaient sur le campus au moment de la sortie du livre : y a-t-il eu des débats entourant ces thèses polémiques ? Ce professeur a-t-il tenu une conférence ? Y a-t-il eu beaucoup d’élèves qui sont venus ? La relation française aux marchés financiers, le rôle des marches, leur efficacité, ont-ils été une seule fois un sujet de conversation au cours d’un déjeuner de n’importe quel étudiant en cafèt ?

Ou parlaient-ils de la prochaine fête, de leur prochain stage, de la prochaine animation de leur association ?

par NicolasC publié dans : Réflexions
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Dimanche 9 mars 2008
(Article à paraître dans la rubrique "pages politiques " du prochain numéro de Heclektik,  le  journal des étudiants de HEC)

Traiter des transformations de la laïcité en une page n'est pas simple. Un tel sujet nécessiterait avant tout un recadrage historique et idéologique précis. Mais la concision n'oblige pas non plus à tomber dans la caricature. On ne peut ainsi tout de suite, sans mauvaise foi, clamer que M. Sarkozy veuille révoquer la loi de 1905. Il l'a dit lui-même lors du désormais célèbre discours du Latran (tenu au Vatican en décembre dernier): « Il ne s’agit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905. » Cela dit, il est vrai que depuis un siècle le paysage religieux s'est profondément renouvelé. Désormais, la question se pose du financement publique des lieux de cultes musulmans, que les archaïsmes de la loi de 1905 interdisent. Cependant il y un fossé entre des ajustements techniques nécessaires et le projet religieux de M. Sarkozy, qui a pris le nom de « laïcité positive ».

Je suis d'accord avec N. Sarkozy pour dire que la laïcité « négative », avec ses sectarismes, avec ses intégristes anticléricaux, est nuisible. Mais dans le discours déjà cité, le président poursuit en définissant cette laïcité positive comme une laïcité qui « considère que les religions (...) sont plutôt un atout ». Leur rôle devrait donc être accru et leur fonction officiellement reconnue dans le domaine spirituel, social mais aussi – et c'est là tout l'enjeu de la controverse – dans le domaine moral et politique. Jugez-en plutôt: « La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. (...) Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.  (...) Partout où vous [représentants de l'Eglise] agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. »

Cela montre bien que lorsque on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens d'un mot.

La laïcité positive n'est plus la laïcité à laquelle, avec raison, nous sommes attachés.

En 2004, un certain François Fillon, ministre de l'éducation, était parvenu à imposer une loi sur les signes religieux ostentatoires à l'école. Peut-être aurait-il été bien inspiré de rajouter un article sur les signes religieux ostentatoires en politique! Certes, le président de la République a le droit de parler de la religion, mais exalter comme le fait M. Sarkozy la religion catholique et les racines chrétiennes (évidentes) de la France, cela va à l'encontre de notre tradition républicaine. Soulever ainsi le couvercle de la boite de Pandore des tensions religieuses latentes peut ne pas être sans conséquences. Quel besoin y avait-il d'ébranler un des rares consensus de la société française?

Mais il semble que cette question doive s'inscrire dans l'ensemble plus vaste des multiples réformes avancées simultanément par Nicolas Sarkozy. On peut polémiquer, on peut communiquer, on peut gesticuler sur les régimes de retraite, la télévision publique, ou la BCE. Je pense cependant qu'il y a des domaines (touchant notamment à la mémoire, aux religions, à la constitution, à l'identité nationale...) où le style de gouvernement de M. Sarkozy n'est pas approprié et peut même s'avérer dangereux. En politique, il y a certes les actes, mais il y a aussi et surtout les symboles et les valeurs. Encore plus que par ses décisions ou sa façon de gouverner, c'est par les valeurs qu 'il promeut que le chef de l'Etat suscite désapprobations, mécontentements, et rejets. Et c'est, notamment sur ce terrain des valeurs, que le centre démocrate a, je crois, demain comme aujourd'hui, un message à porter.


par VincentC publié dans : Réflexions
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Jeudi 21 février 2008
Le deuxième débat entre étudiants sur des thèmes d'actualités aura lieu lundi prochain à l'initiative des trois associations politiques de HEC, en partenariat avec HEC Débats.

- Les thèmes :
==> Libérer la croissance ( propositions Attali)
==> La méthode Sarkozy
==> La banlieue

Toutes les personnes pourront intervenir.
La modération sera effectuée par deux membres de HEC Débats.

Venez nombreux!
par NicolasC publié dans : Vie de l'assoce
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Samedi 16 février 2008

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Jean-Pierre Alix (H 72) animera lundi soir à 20h (18 février) en H302 une conférence intitulée « Mon engagement local pour Jouy-en Josas ». 

        Si vous voulez:
connaître un peu l'histoire de Jouy-en-Josas,
savoir quelle pourrait être l'avenir de Jouy, et pourquoi la ligne du RER C sera peut-être un jour déplacée,
comprendre comment on peut transposer ses idées politiques concrètement à l'échelle locale,
connaître quel est le moyen de réformer l'université sans provoquer de blocages des facs
savoir pourquoi c'est mal de faire du copier-coller en CPC

Alors venez écouter Jean-Pierre Alix (H72), ancien collaborateur de François Bayrou au Ministère de l'éducation nationale, aujourd'hui conseiller à la présidence du CNRS sur les rapports entre science et société et à ce titre chargé par le gouvernement d'une mission sur la fraude scientifique (et devenu une star mondiale depuis son passage le 7 février 2008 à la Une du Monde : http://abonnes.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1023268,0.html !) ...
et qui se présente aux municipales à Jouy-en-Josas pour le Mouvement Démocrate.

Nous vous attendons nombreux lundi en H302!

Groupe Facebook: http://hecparis.facebook.com/event.php?eid=10637341513
Plus d'infos: http://www.pourjouy.fr 

« Avant Centre, à l'avant-garde des idées, au centre des débats »

par VincentC publié dans : Vie de l'assoce communauté : Militants du Modem
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Samedi 16 février 2008
Dix-sept personnalités de gauche, centristes ou d'inspiration gaulliste ainsi que l'ancien premier ministre Dominique de Villepin, ont signé "l'appel du 14 février pour une vigilance républicaine" rendu public vendredi 15 février par l'hebdomadaire Marianne. Outre l'ancien premier ministre de Jacques Chirac, figurent notamment parmi les signataires les gaullistes Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, le député communiste André Gerin, Jean-Pierre Chevènement, plusieurs socialistes de premier plan (Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg), représentants du MoDem (François Bayrou, Marielle de Sarnez, la sénatrice Jacqueline Gourault) et du Nouveau Centre (les députés Maurice Leroy, Jean-Christophe Lagarde). Corinne Lepage, ancienne ministre de l'écologie d'Alain Juppé et le député Vert Noël Mamère sont également présents.


Voici le texte de l'appel:


Pour une vigilance républicaine

Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.

- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.

Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.
par NicolasC publié dans : Actualités
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