Les stocks options: des amis qui vous veulent du bien?

Publié le par NicolasC


    En classe, on parle des stocks-options avec un préjugé positif. On  a vu récemment, en cours de RH, leur conséquence sur la motivation des managers. Trop de stock-options tue les stock-options, conclue-t-on. Il faut savoir (s’)en attribuer un montant raisonnable : pour motiver le manager, mais pas trop, pour qu’il garde en vue les objectifs de long terme de l’entreprise.
    À l’origine, ce système a été inventé pour permettre aux jeunes entreprises d’attirer des talents, car souvent elles manquaient de trésorerie. Notamment, ceci fut utilisé dans les entreprises de nouvelles technologies.La pratique s’est largement étendue aux grandes entreprises, avant de connaître un certain désaveu, suite aux pratiques de stock-options « antidatées ».  Néanmoins, ce système n’a pas été attaqué dans ses fondements.
    Pourtant, beaucoup d’indications laissent à croire que le système actuel est en proie à de larges dérives. Beaucoup de sociétés les utilisent pour rémunérer grassement leurs salariés aux détriments des actionnaires. C’est en quelque sorte, du vol institutionnalisé. Un analyste financier américain a passé au crible les 100 entreprises de NASDAQ : un tiers utiliserait abusivement de stock-options. Prenons comme exemple la compagnie Cisco.
    Pendant 12 ans, Cisco n’a pas déboursé un centime en dividendes. Elle a distribué un nombre élevé de stock-options à ses salariés en créant de nouvelles actions. Pour éviter que celles-ci, en trop grand nombre, ne fassent chuter le cours en bourse de l’action, elle a racheté un grand nombre d’actions. Au total, elle a dépensé 27.7 milliards de dollars en rachat d’actions sur les 12 ans. En y soustrayant les 8,3 milliards de dollars dépensés par les salariés pour acheter ces actions, on arrive à ce chiffre : Cisco a dépensé 19,4 milliards de dollars pour racheter des actions qu’elle avait vendues à ses salariés. Soit 82% du profit réalisé par la compagnie sur 12 ans (en gros, les profits de 10 ans). Un joli pactole pour les salariés (en réalité, les dirigeants et les hauts cadres) !
    Beaucoup d’entreprises ont agi de cette manière, comme Dell, Broadcom ou Microsoft, et même si certaines ont changé leurs pratiques managériales, le nombre de stock options distribuées et non encore utilisées représente encore un sérieux risque pour les actionnaires. Microsoft a cessé de distribuer des stocks options il y 4 ans, mais il reste encore 750 millions d’options. Chez Cisco Systems, 1.4 milliard d’options sont encore dans les mains des managers et des salariés, dont 1 milliard sont directement rentables (les prix d’options sont inférieures au prix actuel en bourse). Dans l’exemple ci-haut, elle avait déboursé l’équivalent de 10 ans de profit pour racheter 1,3 Milliard de stock options distribués. Elle se retrouve donc en bien délicate position face à ses actionnaires…
    Pour lire l’étude intéressante faite sur ce sujet, cliquez ici

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