Nouveau rdv sur centre preneur !

Publié le par JulienM

 C'est un nouveau rendez vous sur centre preneurs : chaque semaine vous pouvez découvrir une analyse plus ou moins sérieuse de qui s'est passé en France, en Europe ou dans le Monde ! Alors à vos réactions, et à dimanche prochain sur le blog !

DIMANCHE
 14 :

L’insécurité revient sur le devant de la scène, alors que la polémique est lancée entre la région Ile-de-France et l’Etat, quant au survole de certains départements ( parmi lesquels la Seine-Saint-Denis) par des drones. Le ministère de l’Intérieur entend généraliser la mesure à tous les « quartiers réputés difficiles», afin de cerner les foyers de vandalismes et de trafics en tous genres. « C’est le signe de la faillite de l’Etat, qui montre que les policiers n’osent même plus mettre les pieds dans les quartiers difficiles » ; Cette analyse lumineuse et très inspirée émane de Jean Paul Huchon, président socialiste de la région Ile de France, qui est lui aussi, censé œuvrer pour l’intégration de ces « quartiers réputés difficiles » au sein de la région la plus prospère de France. Plus habitué à arpenter les couloirs du Tribunal Correctionnel de Nanterre pour se défendre d’abus de biens sociaux, que les allées injustement et tristement célèbres du département cité plus haut, Jean Paul Huchon nous montre que le parti socialiste a une arme encore plus redoutable que la fuite en avant de la Place Beauvau, la mauvaise foi.

 

LUNDI 15 :

La malédiction qui s’est abattue sur les couples médiatico-politiques Commençons par la rumeur de la semaine, qui émane, une fois n’est pas coutume, de l’Elysée : cette fois si, c’est le ménage présidentiel qui serait, encore, toujours, sur le point d’imploser. On ne sait toujours pas à qui profite le flou entretenu sur ce qui est, depuis bientôt 2 ans, un non événement, mais le flou persiste. Une partie de ping pong haletante a donc débuté, entre d’un coté L’Est Républicain, qui annonçait ce lundi, que Cecilia serait sur le point de devenir l’officielle future ex-première dame de France, et l’Elysée qui commençait à trouver séduisant le concept du No-comment-mais-parlez-en-quand-même. Pour être tout à fait honnêtes, il nous faut remercier le toujours (à ce jour) couple présidentiel pour sa contribution à l’économie nationale : les salariés de Paris-Match et de Closer qui risquent d’avoir du boulot ces prochains temps, auront sans doutes une prime de Noel !

 

Le divorce est décidément à la mode dans le microcosme politique, Menzies Campbell, le leader des Libéraux Démocrates britanniques en sait quelque chose ! Après 10 ans de bons et loyaux services, Sir Ming s’est définitivement fait éjecter du parti à 15 heures tapantes ce lundi 15 Octobre. Après un coup qui couvait depuis des semaines, c’est la jeune garde du parti qui en a repris la tête. Alors que les LibDems sont au plus bas (10 % des intentions de vote, contre 18 il y a 3 mois), se poser la question de leur positionnement semble inéluctable. Car le parti a réellement un rôle à jouer, face à des travaillistes hésitants, et des conservateurs qui surfent sur cette hésitation. Il est vrai que l’intelligence politique de Tony Blair a floué les lignes, qui séparaient avant 1994, les LibDems europhiles et progressistes, des travaillistes  préhistoriques. Mais aujourd’hui, les tâtonnements de Gordon Brown,  montrent que l’idée d’Europe ne va toujours pas de soi de l’autre côté de la Manche. Si le Premier Ministre confirme son virage vers une gauche plus nationaliste, ça sera au tour des Libéraux Démocrates de la défendre.

 

MARDI 16 :

Mardi, c’est l’accord sur le Traité supposé remplacer la défunte Constitution pour l’Union Européenne qui était au centre de toutes les spéculations. Elles auront au moins confirmé une chose de manière ferme et définitive : l’UE est bien le préteur en dernier ressors sur le marché des bouc-émissaires. Et pour cause, nombre de gouvernements sortants, ou de Premiers Ministres sur la sellette ont trouvé ici un bon, un très bon filon politique : taper sur l’Europe quand ça ne va pas à la maison. Le concept n’est pas nouveau ni très étonnant, c’est celui qui a permis à Jacques Chirac de justifier deux quinquennats économiquement vides, c’est le même qui a redonné du souffle à des partis d’extrême gauche qui se demandaient jusqu’à quand papy Karl pourrait leur servir de caution morale. Le problème aujourd’hui, c’est que même les hommes et les femmes qui ont fait vivre l’Europe et ont échafaudé l’Union s’y complaisent. Autant le populisme va bien à des jumeaux réactionnaires, autant il va très mal à un ancien Président de la Commission Européenne. Romano Prodi s’acharne en effet depuis quelques jours à repousser l’éventualité d’un accord sur un nouveau Traité Européen (qui remplacerait de facto la Constitution avortée), en excitant la fibre nationaliste italienne. Il est anormal, selon Mr Prodi, que le mode de calcul qui détermine le nombre d’eurodéputé par Etat Membre intègre les « non-citoyens », à savoir les étrangers et les immigrés. Seuls les vrais citoyens, continue-t-il, devraient être comptabilisés, ce qui réduirait le poids d’une nation comme l’Allemagne, terre traditionnelle d’immigration turque, et augmenterait celui de l’Italie, dont beaucoup de ressortissant peuplent l’Union Européenne dans d’autres Etats Membres. Que les frères Kaczynski, qui présentent un bilan globalement très négatif pour la démocratie de la Pologne, exigent de pouvoir bloquer des réformes trop progressistes à leurs yeux, que le gouvernement autrichien souhaite réduire les arrivées d’étudiants étrangers qui viennent « envahir » leurs universités, ou que Gordon Brown s’agrippe tant bien que mal à ses fameuses « lignes rouges », ça n’est ni nouveau ni très étonnant. Mais franchement, Mr Prodi, pas ça, pas vous !

           

MERCREDI 17 :

Ce mercredi est un grand jour pour la démocratie française, il marque le retour de la société civile au pouvoir, ces français comme vous et comme moi qui à force de courage et de persévérance ont réussi à forcer les portes closes des palais nationaux, pour aller y défendre la volonté du peuple ! Françaises, français, respirez, Bernard Laporte a abandonné les terrains et les vestiaires pour se faire le porte drapeau du sport en France ! Son mot d’ordre est simple : « engagement ». Personne ne sait vraiment ce que Bernard entend par là, mais si notre président l’a choisi, c’est qu’il a senti le potentiel en lui. Un potentiel de leader, de killer. Peut être sera-t-il celui qui réussira à faire faire du sport à Roselyne Bachelot, sa désormais « supérieure » hiérarchique ? Cela semble plutôt mal parti, puisque à peine nommé au poste que son ami Nicolas lui avait promis, Bernard s’est attiré les foudres de la Ministre de la Santé, en déclarant « si le poste me plait, j’y resterai, sinon j’irai voir ailleurs ». Il faudra décidément que Bernard nous explique sa notion de l’engagement.

 

            Ca sera non, cette fois Gordon a tranché : il n’y aura pas de referendum en Grande Bretagne quant à l’adoption du Traité réformateur de l’UE. Apres des semaines de tergiversassions, durant lesquelles les conservateurs de David Cameron se sont montrés plus opportunistes que jamais, le gouvernement britannique, qui ne semble pas savoir ce qu’il veut, a décidé que le texte n’avait rien à voir avec la Constitution échafaudée par la Convention de Giscard, et que le referendum promis par Tony Blair n’avait pas lieu d’être. En l’occurrence, c’est plutôt un bon signe, et pour l’UE, qui aurait mal supporté un nouveau « non », et pour la Grande Bretagne qui malgré les allégations nationalistes des tories a tout à perdre d’un comportement autiste et eurosceptique. En réalité, c’est plutôt mauvais signe pour la popularité du pauvre Gordon, qui ces derniers temps ne paraît plus sûr de rien. Après avoir envisagé, puis repoussé l’organisation d’élections législatives anticipées, le premier ministre s’est attiré les foudres de l’opposition au sujet de l’Europe. Et le sujet est sensible, car Brown a tout à prouver : prouver qu’il tient bon face aux « technocrates de Bruxelles », en se barricadant derrière ses « red lines », prouver qu’il peut encore faire du neuf. Autant dire que cela relève de l’exploit, lorsque l’on succède à Tony Blair qui avec son concours,  a tout réinventé dans la politique britannique.  Il n’y a en fait qu’une seule chose à prouver Mr Brown, et vous entrerez dans le cercle fermé des Grands premiers ministres, ceux qui ont résisté et ont fait avancé la société britannique. Churchill, Thatcher et Blair sont chacun à leur manière de grands premiers ministres, soit parce qu’ils ont résisté, soit parce qu’ils ont révolutionné une société traversée de part en part par de lourdes traditions. Brown, plus consensuel, n’en est pas moins brillant, et les prochains mois seront un test pour tout ceux qui se demande si les convictions résistent à l’exercice du pouvoir. Un homme qui travaillé dans l’ombre du premier ministre le plus europhile pendant une décennie se doit d’en avoir, et de bonnes. Courage Gordon !

 

JEUDI 18

L’équation du jour : prenez quatre gouvernements, deux de gauche, deux de droite. Prenez 478 000 fonctionnaires travaillant dans des secteurs ayant tous une forte connotation historique, et bénéficiant d’avantages acquis à force de luttes acharnées. Sachant que, pour simplifier, un gouvernement a 32 dents, et qu’à chaque fois qu’il s’attaque à la reforme des régimes spéciaux de ces 478 000 fonctionnaires, il s’en casse au moins une, combien de fois ces 4 gouvernements pourront-t-ils s’atteler à ce dossier avant d’être complètement édentés ? Après Michel Rocard en 1991, Edouard Balladur en 93, Lionel Jospin en 97 et Jean Pierre Raffarin en 2002, c’est le gouvernement de François Fillon qui a décidé de se saisir du dossier le plus chaud de ces 15 dernières années : expliquer aux cotisants  de la SNCF, de la RATP, d’EDF, de GDF, de la Comédie-Française, ou de l'Opéra de Paris, que les avantages qu’ils avaient acquis alors que les contraintes de leurs profession le justifiaient, ne sont plus d’actualité aujourd’hui.  Il est la dernière étape d'un mouvement lancé dès 1991 par Michel Rocard, avec un Livre blanc qui diagnostiquait la nécessité, pour des raisons tant économiques que démographiques, de changer la retraite et de mettre la durée de cotisation requise pour une pension à taux plein au diapason de l'allongement de l'espérance de vie. En 1993, Edouard Balladur a amorcé la réforme pour le régime général des salariés. Quatre ans plus tard, Lionel Jospin a posé le bon diagnostic sur l'alignement de la fonction publique, mais n'a pas osé lancé la réforme. Jean-Pierre Raffarin a réussi, non sans mal, en 2003, à porter la durée de cotisation des fonctionnaires de 37,5 à 40 annuités.

 

Finissons la journée avec une note un peu plus légère, qui émane du Guardian d’aujourd’hui : des généalogistes (qui entre nous, ne devaient pas avoir grand-chose à faire), se sont penchés sur les origines de Barak Obama, le candidat à l’investiture démocrate. Avec père kenyan, mère texane, jusque là rien d’étonnant à ce que Barak soit le candidat le plus populaire chez les communautés noir-américaines du Sud des Etats Unis. Les choses se corsent lorsqu’on saute plusieurs générations, en particulier quand on arrive à la 8eme, puisque c’est précisément là qu’on trouve un ancêtre commun à Barak Obama et à … Dick Cheney, vice-président américain. C’est confirmé, l’intelligence n’est pas héréditaire.

VENDREDI 19 :

Il y a du grabuge chez les Sarko-friends : non content de s’être fait remonter les bretelles par notre Ministre de la Santé nationale cette semaine, Bernard Laporte serait sur le point de se faire plaquer par le fisc. Le pauvre Bernard, qui avait déjà compris qu’avec son physique abrupte, il aurait davantage de succès auprès de la ménagère de moins de 50 ans en lui vantant les mérites du jambon de pays qu’en posant nu sous la douche, se serait livré à de petites activités assez peu fair play. Parmi les irrégularités constatées, on cite pêle-mêle, double comptabilité, abus de biens sociaux, détournement d'actifs, transferts de fonds suspects, fausses factures, travail au noir, retraits en espèces… Interdit de dîners chez Roselyne, Bernard qui comptait simplement arrondir ses faims de mois se défend : « Vous croyez que moi, je vais aller dans une société faire des malversations ? Je vous parie tout ce que vous voulez que ça ne débouchera sur rien à l'arrivée ! ». Si tu paries aussi bien qu’avant le match contre l’Angleterre, on comprend que ça soit dur de joindre les deux bouts.

            Ce vendredi, c’est encore et toujours le sommet de Lisbonne qui occupe les esprits, et cette fois, c’est José Manuel Barroso qui rappelle à l’ordre ses 27 élèves : "Nous ne pouvons pas passer tout notre temps à discuter de nos institutions, a-t-il déclaré, nous en discutons depuis six ans. Il est temps de passer à autre chose". Autre chose, à savoir le futur de l’Union Européenne, déchirée entre les égoïsmes nationaux et les opportunismes politiques. Il est temps en effet, que les 27 chefs de gouvernement reconnaissent la dette qu’ils ont envers l’Europe. Une dette économique, que les Italiens du sud, les Portugais, les Polonais, les Corses ou les Ecossais connaissent très bien. Une dette politique, que les Français, les Allemands, les Estoniens ou les Hongrois ont reconnue depuis longtemps. Une dette culturelle que nous, étudiants, ne nieront jamais. Il est temps de penser européen, de se penser européen. Mais très franchement, il y a de quoi désespérer. Même si le traité négocié en ce moment reprend les éléments censés faciliter le fonctionnement politique de l’Union à 27, d’autres, plus symboliques, plus sensibles, ont été mis au rebut. Une petite mise au point s’impose. Le Traité de Lisbonne sera modificatif, il ne remplace pas les anciens traités, comme l’aurait fait la Constitution si elle avait été adoptée, mais les amende. Parmi les éléments qu’il reprend, on trouve la Présidence fixe du Conseil Européen ; Celui-ci sera doté d’un président pour une durée de deux ans renouvelable une fois. Bon point pour la visibilité internationale de l’Union. Un Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique extérieure est créé et sera pourvu de pouvoirs renforcés : il présidera notamment le Conseil Européen des ministres des affaires étrangères, et s'appuiera sur un "service européen pour l'action extérieure", composé de diplomates des différents Etats et de fonctionnaires des institutions européennes. Un point encore une fois fondamental si l’UE veut devenir un acteur incontournable de la diplomatie internationale. Sur le plan de la politique intérieure, un nouveau mécanisme de vote sera mis en place au conseil des ministres : à partir de 2014, la majorité qualifiée sera égale à au moins 55 % des Etats réunissant au moins 65 % de la population. C’est ce point que conteste la Pologne, en s’accrochant à l’idée d’une minorité de blocage, qui contraindrait les Etats Membres à repousser l’examen d’un projet qui déplairait à un de leurs 27 partenaires. Enfin, plus symboliquement, aux valeurs de liberté et de démocratie sont ajoutées celles de non-discrimination, de justice, de solidarité, d'égalité entre les femmes et les hommes. Parmi les objectifs figurent l'économie sociale de marché, mais pas la concurrence libre et non faussée. Le drapeau, l’hymne, la devise de l’Union sont eux, toujours officiellement absents. C’est pourtant sur ce point qu’elle doit jouer. Comment enraciner « l’idée d’Europe », chez les jeunes notamment, sans des symboles communs ? Lorsqu’on lit, comme cette semaine, en couverture du Sun, que le Traité de Lisbonne ( qui devait être adopté ce week-end), "est la plus grande menace pour la Grande Bretagne depuis la seconde guerre mondiale", on comprends qu’il y a encore du boulot.

                                                                                                                                                                 

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