Ouf !

Publié le par NicolasC

Ouf ! – Sussure t-on outre-atlantique après le retour en grâce de Dominique Strauss-Kahn. L’orgueil patriotard a bien failli être blessé On avait accusé, à tort, notre représentant national à Washington d’avoir usé de son pouvoir pour obtenir une place avantageuse à l’une de ses conquêtes amoureuses. L’incident est, assurèment, clos. Circulez, il n’y a rien à voir.

Ouf ! – Soupirait-on il y a quelques semaines. Le plan Paulson, ainsi que les homologues britanniques et européens de sauvetage des banques sonnaient haut et fort la fin de la crise. Le FMI leur apportait sa bénédiction. Circulez, la confiance règne.

Puis plouf ! Les bourses ont plongé à nouveau. Elles sont aller piquer une tête, elles n’en font qu’à leur tête. Les banquiers en sont tous refroidis.

Alors que les bourses plongent, que la confiance s’effrite, que les patrons valsent, est ce au tour de la côte de DSK de prendre l’eau ?

Une vidéo primesautière, où une journaliste française relate la pire expérience qu’elle ait jamais eu avec un homme politique, a refait surface sur le Web depuis quelques jours. Dans une émission télévisée animée par Thierry Ardisson, en présence de nombreuses personnalités du Petit Paris, elle décrit une scène où elle s’est violemment battue avec DSK. Celui-ci l’ayant invité dans un appartement vide, puis tiré vers lui après lui avoir dégrafé son soutien-gorge et essayé de lui enlever son pantalon, la journaliste s’est battue avec lui au sol, lui assenant plusieurs coups violents pour éviter d’avoir une relation sexuelle non consentie avec celui qu’elle nomme « le chimpanzé en rut ». La vidéo se trouve ici :





Nous ne nous étendrons pas sur le leitmotiv national habituel sur la proximité incestueuse entre journalistes et hommes politiques, ni sur le « off », ni sur le difficile métier de journaliste, dont la formule d’icelle – vers la fin de l’extrait - résume le couperet qui s’abattrait sur les journalistes qui briseraient l’omerta : « Je ne voulais pas être la journaliste qui a en un problème avec un homme politique. »

Il est plus intéressant de voir que cette vidéo, ressortie anonyment, relayée par un site de journalisme collaboratif, AgoraVox, donne espoir à ceux qui militent pour une plus grande transparence du système politique.
La démocratisation de la télévision et le rapport de force favorable des hommes politiques face aux journalistes a vu naître une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques dont le contrôle de l’image est un élément clé de leur politique. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal en sont les thuriféraires, les « golden boys » de cette génération. Ils sont tous les deux mis en avant les éléments les plus reluisants de leur vie privée, parfois faussement mis en scène, en la présentant comme la vitrine de l’objet marketing qu’ils sont devenus aux yeux des électeurs. Leurs images télévisées respectives, du sauvetage d’enfants pris en rançon, à l’accouchement presque filmé en direct, sont l’équivalent – et la célébrité qui l’accompagne – de Loft Story en matière de divertissement.
Ce rapport de force se renverse. Comme n’importe quel citoyen peut poster une vidéo sur Internet, les hommes et femmes politiques sont parfois pris au piège. Aux Etats-Unis, les vidéos d’un homme politique traitant un homme de descendance asiatique de singe (l’affaire « Macaca ») et d’un sénateur dormant lors d’une séance de travail ont joué un rôle important : ces deux hommes ont perdu leurs sièges en 2006 lors de leur tentative de ré-élection.

Pour revenir à nos moutons, beaucoup de gens, notamment les nombreuses élèves qu’il fréquente, savent que DSK est un homme qui a un problème psychologique et qu’il n’arrive pas à contrôler ses pulsions sexuelles. Mais cette affaire, comme on le voit dans cette vidéo, montre que les hommes politiques auront plus de mal dans le futur à contrôler leur image de façon aussi stricte qu’ils l’avaient fait dans le passé. La carrière présidentiable de DSK a subitement pris du plomb dans l’aile. Et … depuis la tradition mitterandienne de publier son bulletin médical personnel, DSK aurait eu bien du mal à cacher ses nombreuses maladies vénériennes. Au moins dans ce domaine, la santé du chef de l’Etat, nous avons raison de ne pas dissocier vie privée et vie publique.

Publié dans Actualités

Commenter cet article